Voiture électrique commandée : ce que les cinq mois d'attente décident de votre recharge

Par la Rédaction Protège Recharge · Publié le · Guide pratique

Borne de recharge murale installée contre un mur extérieur, le long d'une haie
Photo : Matti Blume — CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Dans le reportage que TF1 Info a diffusé le 14 octobre 2026, une acheteuse récupère sa voiture électrique en concession. Elle résume la situation en deux dates : « Je l’ai commandée au mois de mai, je la réceptionne aujourd’hui. » Cinq mois entre le bon de commande et la remise des clés. Chez Tesla, le même constat : trois à cinq mois d’attente pour l’une des électriques les plus vendues en France.

Cinq mois, c’est long. C’est aussi, vous allez le voir, exactement le temps qu’il faut pour rater — ou réussir — la partie de votre installation de recharge qui ne se refait pas.

Ce que le marché fait pendant que vous attendez

Pour comprendre pourquoi les délais se sont tendus, il faut regarder la statistique du mois de septembre, publiée par AAA Data le 1er octobre 2026. Sur 156 629 voitures particulières neuves immatriculées en France, 65 243 étaient électriques, soit 42 % du marché, en progression de 108 % sur un an. Rapporté aux 22 jours ouvrés du mois, cela fait 2 966 voitures électriques immatriculées chaque jour ouvré — un chiffre que j’ai calculé à partir du communiqué, l’entreprise ne le publie pas sous cette forme.

Le détail est encore plus parlant. Sur ces 65 243 électriques, 41 503 ont été achetées par des particuliers, soit 63,6 % du total. Le reste est allé aux flottes. Ce sont donc très majoritairement des gens comme vous qui se retrouvent à attendre leur voiture, avec une borne à installer et personne pour leur dire par où commencer.

L’amont ne suit pas. Le même reportage de TF1 montre le groupe Stellantis s’apprêtant à suspendre l’activité de ses usines de Sochaux et de Rennes pendant une semaine, faute de batteries en quantité suffisante. À Douvrin, dans le Pas-de-Calais, le fabricant ACC reconnaît ne pas encore produire assez de packs, notamment pour la grande autonomie. Tant que la cadence industrielle ne suit pas, les délais resteront longs.

La conclusion pratique est simple : vous n’êtes pas en salle d’attente. Vous êtes dans la seule période où tout est encore modifiable sans casser un mur.

Trois choses qui ne se décident plus après la livraison

La première est la position de la trappe de charge. Elle est à l’arrière droit sur certains modèles, à l’arrière gauche sur d’autres, à l’avant sur quelques-uns. Si vous posez la borne du mauvais côté de l’allée, vous ne le découvrez pas le jour du devis : vous le découvrez le premier soir, quand le câble doit passer devant le portail, sous les roues, ou par-dessus une haie.

La deuxième est la longueur du câble. Un câble de 5 mètres couvre une voiture garée à côté de sa borne. Il ne couvre pas une voiture garée en épis, ni un nez-à-nez, ni une place où l’on recule. Mesurer au pas est la méthode la plus fiable pour se tromper : prenez une corde, tendez-la du point d’ancrage prévu de la borne jusqu’à la trappe du véhicule, en suivant le trajet réel du câble — pas la ligne droite. Si la corde passe par une zone de passage, ajoutez la contrainte : un câble qui traverse une allée à pied est un câble qu’on écrase, et une chute possible.

La troisième est l’emplacement du boîtier. Sur un pignon exposé plein ouest, sous un débord de toit qui déverse, contre une haie qui garde l’humidité : ce sont des murs qui abîment un appareil électronique bien plus vite qu’un mur de garage abrité. Une borne murale est annoncée IP54 ou IP55, ce qui signifie protégée contre la poussière et contre les éclaboussures ou les jets d’eau — pas contre un ruissellement permanent, ni contre la condensation qui se forme à l’intérieur quand l’électronique chauffe pendant la charge puis refroidit. Le détail de ce mécanisme est développé dans protéger sa wallbox en extérieur.

Le calcul à poser sur la table pendant l’attente

Pendant cinq mois, vous n’avez pas de voiture à brancher, mais vous avez le temps de calculer ce qu’elle consommera. C’est la seule période où vous pouvez encore changer d’avis sur la puissance, sans payer deux fois.

Le temps de charge se calcule en divisant la capacité de la batterie par la puissance délivrée. Quelques exemples, faits à la main :

Ce que ces chiffres disent, c’est qu’une nuit de huit heures ne suffit pas à recharger 52 kWh à 3,7 kW : vous récupérez 29,6 kWh dans la nuit, environ 165 km à la consommation de référence de 17,9 kWh aux 100 km. Si vous faites 60 km par jour, cela reste largement suffisant, et la prise renforcée est un choix défendable. Si vous avez deux voitures, un four et un chauffe-eau, la marge devient mince.

Le coût annuel, maintenant, pour 11 600 km par an, la distance moyenne d’un automobiliste français retenue par les comparateurs : 11 600 divisés par 100, multipliés par 17,9 kWh, donnent 2 076 kWh par an. Au Tarif Bleu relevé en octobre 2026, soit 0,2001 € le kWh en option base, cela représente 415,49 € par an. En heures creuses, à 0,1589 €, 329,94 €. L’écart entre les deux options : 85,55 € par an, soit un peu plus de 7 € par mois.

Voilà ce que valent réellement les heures creuses dans ce cas de figure. Ce sont des tarifs relevés à une date donnée : votre contrat peut différer, et ces montants sont des ordres de grandeur, pas une facture. Ils suffisent néanmoins à répondre à la question que beaucoup se posent à l’envers : ce n’est pas la borne qui fait l’économie, c’est le contrat et l’heure à laquelle la recharge tourne. Un point que le budget complet de la recharge à domicile chiffre poste par poste.

Petite parenthèse pour situer : à 17 centimes le kWh, tarif pratiqué par Leclerc sur sa recharge lente depuis fin septembre 2026 selon le relevé publié par jechange le 15 octobre 2026, 100 km coûtent 3,04 €. À la maison, au Tarif Bleu base, 3,58 €. La recharge publique lente n’est donc plus automatiquement la plus chère — mais elle n’est pas disponible à 2 heures du matin dans votre allée, et elle ne couvre pas tous vos kilomètres.

La livraison tombe en hiver, et personne ne vous le dira en concession

C’est le point le plus concret de ce calendrier. Une voiture commandée en mai est arrivée en octobre. Une voiture commandée aujourd’hui arrivera entre janvier et mars 2027. Statistiquement, vous ferez votre première recharge dans le froid, la pluie, parfois la neige.

Ce que cela change, en pratique :

Le joint de la trappe est encore souple et la trappe ferme bien — ce qui n’aide pas quand de l’eau s’est accumulée dans la gorge de la trappe et qu’elle gèle : le clapet résiste, on force, et on abîme ce qu’on voulait protéger. La règle est de ne jamais forcer, ni le clapet, ni le connecteur — dix minutes d’attente coûtent moins cher qu’un port de charge.

Le câble, ensuite. Un câble laissé au sol prend l’eau, le sel de déneigement, les gravillons, et il finit écrasé par les roues. Il est également tendu en traction quand la voiture est garée loin — et cette traction s’exerce sur le connecteur, qui est la pièce la plus chère du lot.

Enfin, le boîtier. Un appareil installé en septembre et jamais sollicité passe son premier hiver sans charge, donc sans chauffe interne : l’humidité s’y installe sans être chassée. Ce n’est pas dramatique, mais c’est exactement la période où l’on découvre qu’une borne installée sous une gouttière n’aime pas l’eau.

La housse : ce qu’elle protège, et ce qu’elle ne fait pas

Une housse de protection de wallbox est une barrière en tissu Oxford enduit, avec des coutures traitées, qui se pose sur le dessus et la face avant du boîtier. Elle encaisse la pluie battante, la poussière, les fientes et les UV à la place du carénage. C’est un équipement simple, et c’est celui qu’on installe le jour de la pose de la borne — pas six mois plus tard, quand le plastique a déjà terni. La housse de protection de wallbox se fixe sans percer, ce qui compte : personne n’a envie de faire deux trous dans un boîtier sous garantie.

Trois règles d’usage, à connaître avant d’acheter. Elle se retire pendant la charge, parce que la borne doit dissiper sa chaleur. Elle ne doit jamais obturer la ventilation, le lecteur de badge, le passage du câble ni le voyant d’état. Et elle ne rend pas une borne étanche : elle réduit l’exposition, elle ne corrige pas un emplacement où l’eau ruisselle en permanence. Si votre borne est déjà sous un auvent, l’intérêt se limite à la poussière et au soleil — regardez votre mur avant d’acheter.

Un point qu’on ne lit jamais sur les emballages : sur une borne installée dehors, la housse protège surtout la partie haute, celle où l’eau stagne et où le joint du capot vieillit. La condensation, elle, vient de l’intérieur. Aucun tissu ne l’empêche. C’est l’emplacement qui la limite, et l’emplacement se choisit pendant les cinq mois d’attente, pas après.

Le câble qui traîne : le poste le plus malmené

Un câble de recharge Type 2 pèse plusieurs kilos selon la longueur, et il contient plusieurs mètres de conducteurs en cuivre. C’est la pièce que tout le monde laisse par terre, en tas, contre le mur.

Ce qui l’abîme, dans l’ordre : l’écrasement par les roues, l’eau stagnante au point bas, les UV sur la gaine, et les pliures serrées répétées au même endroit. Une pliure permanente finit par fatiguer les conducteurs à l’intérieur de la gaine, invisible de l’extérieur, jusqu’au jour où la charge devient intermittente.

Un support de câble Type 2 résout la partie la plus simple et la plus utile : le câble est enroulé en boucles larges, suspendu, hors du sol et hors de portée des roues. Deux précautions au moment de l’installer : ne pas enrouler serré, et laisser le connecteur protégé plutôt que pendre librement contre le mur. Le support ne répare pas un câble déjà marqué ; il empêche qu’il le devienne. Le détail des gestes de rangement est dans ranger son câble de recharge.

La prise du véhicule : la pièce que personne ne regarde

Le port de charge de la voiture, avec son clapet, son joint et ses broches, n’est pas couvert par la garantie de la borne et n’intéresse aucun installateur. Il prend pourtant la pluie chaque nuit quand la voiture dort dehors, il gèle quand l’eau s’est accumulée dans la trappe, il s’oxyde quand l’humidité reste à l’intérieur entre deux recharges.

Un cache de prise de recharge se pose sur le port Type 2 ou Combo CCS, y compris pendant la recharge : le connecteur branché reste couvert et la fixation magnétique maintient le cache contre la carrosserie. Deux précautions honnêtes : ne le posez jamais sur un port déjà mouillé, et vérifiez la fixation sur votre modèle — sur une zone non métallique, une sangle d’appoint est nécessaire. Un cache réduit l’exposition, il ne transforme pas une prise en bouchon étanche.

Le vocabulaire prête à confusion : ce que certains appellent un « cache borne » désigne en réalité une protection du port du véhicule, pas du boîtier mural. La borne, elle, se protège avec une housse. Cache borne ou cache prise détaille la différence.

La liste des cinq mois

Ce que vous pouvez faire, dans l’ordre, sans dépendre de la date de livraison :

Mois 1 — mesurer. Position de la trappe, trajet réel du câble avec une corde, emplacement du boîtier, exposition du mur (pluie, soleil, ruissellement du toit), et relevé de la puissance souscrite sur le compteur.

Mois 2 — chiffrer. Deux devis minimum, avec la puissance, le différentiel, le délestage et la longueur de câble mentionnés noir sur blanc. La lecture d’un devis de borne est un exercice en soi : l’audit électrique à faire avant de signer donne la liste des lignes à exiger.

Mois 3 — planifier. Fixer la pose trois à quatre semaines avant la date de livraison annoncée. Une borne posée trop tôt reste inutilisée, ce n’est pas grave ; une borne posée en retard signifie des semaines de recharge sur une prise domestique, à 2,3 kW environ, soit environ 23 heures pour 52 kWh.

Mois 4 — protéger. Commander la housse, le support de câble et le cache avant la pose, pour qu’ils soient là le jour où la borne est fixée. C’est le seul poste de ce calendrier où attendre ne fait qu’ajouter de l’usure.

Mois 5 — réceptionner. Vérifier la longueur du câble sur la vraie voiture, faire un premier essai de charge de nuit, et regarder ce que l’eau fait sur le mur au premier orage. Si le ruissellement est pire que prévu, c’est maintenant qu’on déplace le boîtier, pas dans trois ans.

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Questions fréquentes sur la préparation avant livraison

Faut-il installer la borne avant de recevoir la voiture ?

Oui, dans la majorité des cas. Poser la borne trois à quatre semaines avant la date annoncée évite de dépendre d’une prise domestique pendant des semaines. L’inverse — attendre la livraison pour commander l’installation — ajoute le délai du devis et de la pose à une attente déjà longue.

Combien de temps prend l’installation d’une borne après le devis ?

Cela dépend de votre installation électrique, de la longueur de la ligne à tirer et de la disponibilité de l’électricien. La pose en elle-même prend souvent une demi-journée, le délai réel vient de l’ordre de mission et, s’il y a lieu, de l’intervention sur le raccordement. C’est précisément ce délai qu’il faut sécuriser pendant les mois d’attente.

Puis-je utiliser une simple prise pendant les premières semaines ?

Oui, avec une recharge lente : environ 2,3 kW sur une prise domestique standard, soit environ 23 heures pour 52 kWh. Ce n’est pas une solution durable — la prise n’est pas conçue pour une charge continue de plusieurs heures — et cela suppose une ligne en bon état.

Le délai de livraison peut-il être plus court que prévu ?

Oui. Un désistement, une annulation de commande ou une arrivée anticipée de stock peuvent avancer la date. C’est une raison de plus pour que la borne et les protections soient prêtes avant la date annoncée, et non au jour près.

Une housse de wallbox empêche-t-elle la borne de chauffer ?

Elle ne doit pas l’empêcher, et c’est pour cela qu’on la retire pendant la charge. Une borne dissipe de la chaleur pendant qu’elle travaille ; un tissu posé sur le boîtier à ce moment-là réduit cette dissipation. La housse protège le matériel au repos, pas en fonctionnement.

Faut-il protéger la prise si la voiture dort dans un garage fermé ?

Moins utilement. Dans un garage fermé, l’eau et les UV sont très limités : le cache de prise perd l’essentiel de son intérêt. Il garde un intérêt contre la poussière et les projections, mais c’est un achat secondaire face à une borne installée dehors.

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